Il existe quatre stratégies pour protéger les données personnelles, et chacune répond à une question différente. Les comparatifs les rangent pourtant dans un même tableau, avec les mêmes colonnes : « détection », « conformité RGPD », « prix ». Or une plateforme de gouvernance, une API facturée au volume et une application de bureau n'y font pas le même travail.
Quatre questions sous une même formule
La formule « protéger les données personnelles » recouvre quatre métiers. Le directeur des systèmes d'information pense à l'inventaire de ce que l'entreprise stocke. L'équipe produit pense au filtrage d'un flux. Le responsable d'un audit pense au lot de pièces à traiter avant une échéance. L'associé d'un cabinet, enfin, pense à la pièce qu'il va envoyer à un confrère ou à un assistant d'IA.
Aucun outil n'est donc bon ou mauvais en soi. Chacun est construit pour l'une de ces questions, et il devient médiocre dès qu'on le juge sur une autre.
Première stratégie : gouverner un patrimoine de données
Les plateformes de gouvernance répondent à une question d'organisation : où sont nos données personnelles, qui y accède, combien de temps les garde-t-on ? Elles cartographient les données, les étiquettent et appliquent des durées de conservation. Elles alimentent aussi le registre de l'article 30 du RGPD.
Elles travaillent à l'échelle du système d'information entier. Une entreprise moyenne ou grande en a besoin, et aucun outil de la quatrième stratégie ne les remplace.
En revanche, elles n'aident guère le collaborateur qui doit caviarder un rapport ce soir. La plateforme sait que le fichier contient un numéro de sécurité sociale, mais elle ne décide pas de ce qui doit disparaître avant l'envoi.
Deuxième stratégie : dépister en volume
Les API de détection dans le cloud répondent à une question d'échelle. Le service de Google, par exemple, s'est longtemps appelé Cloud DLP avant d'être renommé Sensitive Data Protection. Il se présente comme un outil de découverte, de classification et d'anonymisation des données sensibles, stockées ou en flux.
Il convient à une équipe qui doit analyser des millions d'enregistrements ou nettoyer des journaux applicatifs. Sa qualité se mesure en statistiques, et c'est légitime : personne ne relira des millions de lignes.
Mais l'éditeur de l'API devient alors sous-traitant au sens de l'article 28, puisque chaque document lui est transmis. Pour des données techniques, la question se règle par contrat. Pour une pièce couverte par le secret professionnel, en revanche, c'est la transmission elle-même qui pose problème.
Troisième stratégie : confier le caviardage
Le caviardage externalisé répond à une question de capacité. Un prestataire spécialisé reçoit les documents, par exemple pour un audit, un contentieux ou une salle de données de fusion-acquisition. Il les traite avec ses outils et ses équipes, puis les renvoie caviardés.
La qualité peut être excellente, car vous payez le temps de personnes dont vous ne disposez pas en interne. Mais le prestataire devient lui aussi sous-traitant. Il faut donc un contrat conforme à l'article 28, et des garanties sur ses propres sous-traitants.
Une profession réglementée doit en outre évaluer le risque au regard du secret professionnel, puisque les pièces sortent en clair. Le recours à un prestataire se justifie pour un gros volume ponctuel, beaucoup moins pour trois pièces par semaine.
Quatrième stratégie : la pièce qu'une personne signe
Ici, une personne identifiée répond d'un document précis. L'avocat qui verse une pièce, le comptable qui transmet une liasse, le responsable RH qui partage un dossier disciplinaire : chacun engage son nom.
L'outil habituel est le masquage manuel, au feutre ou dans un lecteur PDF. Or il est lent, il laisse passer des oublis, et il pose parfois un rectangle noir sur un texte qui reste sélectionnable.
À ce stade, la statistique ne suffit plus. Un fournisseur qui annonce 99,5 % de rappel sur son jeu de test affiche un bon chiffre. Pourtant, une valeur sensible sur deux cents échappe alors à la détection. Sur un dossier qui en contient deux cents, une valeur reste lisible en moyenne, et le signataire ne sait pas laquelle.
Or personne ne répond au bâtonnier ou à la CNIL avec un pourcentage. Ce qui compte, c'est qu'une personne ait vu chaque détection, l'ait acceptée ou écartée, et puisse le montrer.
Les trois premières stratégies s'appuient sur la statistique, parce qu'elles traitent de gros volumes. La quatrième repose sur une personne, parce que quelqu'un signe. Nous expliquons ailleurs pourquoi les assistants d'IA ont creusé cet écart : un collaborateur seul décide désormais de ce qui part.
Ce que promptShield fait
promptShield assiste le masquage manuel sans le remplacer. Sur le poste, Détecter combine des motifs très précis (NIR, IBAN, RIB, SIREN) et un modèle de reconnaissance d'entités, configurable, pour les noms, les adresses et les employeurs. S'y ajoute une analyse par modèle de langage, facultative et désactivée par défaut.
Les résultats sont fusionnés, dédoublonnés et propagés : un nom vu en page 1 est aussi signalé en page 4. Un filtre écarte enfin les faux positifs. Aucune de ces couches ne prétend cependant tout repérer.
C'est pourquoi Réviser ouvre la liste des valeurs trouvées, que vous acceptez ou écartez une à une. Tant que ses zones protégées ne sont pas vérifiées, un fichier ne peut pas être téléchargé. Si vous cliquez trop tôt sur Télécharger, une fenêtre explique ce qui bloque et vous mène directement à la révision.
Caviarder retire la valeur pour de bon. Encoder la remplace par un code réversible, valable dans le dossier du document. En revanche, deux dossiers ne partagent aucun code. Seuls les codes ajoutés à la main, avec Ajouter un code, s'appliquent à toute la Bibliothèque.
Pour une valeur encodée, la valider dans Réviser revient à l'inscrire au Registre de codes. C'est ce geste, accompli par une personne, qui engage sa responsabilité.
Décoder restitue l'original par un appel local, sans service distant. L'application de bureau fonctionne entièrement hors ligne. L'offre Pro y ajoute un mode isolé, sans validation de licence ni rapport de plantage.
L'application web gratuite, elle, envoie un compteur anonyme à son lancement : elle n'est donc pas « 100 % hors ligne ». Dans les deux cas, le document lui-même ne quitte pas la machine. Seule exception, dans l'application de bureau : si vous reliez l'Analyse approfondie, qui est facultative, à un modèle distant, le texte des pages est envoyé à ce service.
Quant à l'API auto-hébergée, elle revalide sa licence auprès de nos serveurs toutes les six heures. Sans réponse, sa dernière validation reste valable trois jours au plus. Elle dépend donc de nos serveurs et n'a pas de mode isolé.
Ce que nous ne faisons pas
promptShield ne cartographie pas un système d'information et ne tient pas votre registre : pour cela, prenez une plateforme de gouvernance. Il n'analyse pas des millions d'enregistrements par heure : prenez plutôt un service de DLP.
Il ne fournit pas non plus d'équipe pour traiter dix mille pièces avant la clôture d'une opération : prenez alors un prestataire lié par un contrat conforme à l'article 28. Nous avons pourtant nous-mêmes publié des comparatifs qui opposaient notre outil à des services conçus pour une autre stratégie.
Devant chaque devis, demandez-vous quelle question il traite, et laquelle est la vôtre.
Questions fréquentes
De quelle stratégie de protection des données ai-je besoin ?
Partez de l'unité de travail. S'il s'agit du système d'information entier, il vous faut une plateforme de gouvernance. Pour un flux ou une grande base, ce sera une API, et pour un gros lot ponctuel, un prestataire. Enfin, une pièce qu'une personne identifiée transmet et assume relève de la quatrième stratégie. Beaucoup d'organisations en combinent deux.
Ce choix ne tranche pas pour autant la licéité de vos traitements, qui dépend de votre base légale et de vos contrats.
Pourquoi ces outils sont-ils si difficiles à comparer ?
Parce qu'ils répondent à des questions différentes avec le même vocabulaire. Un rappel mesuré sur des millions de lignes ne se compare pas à une révision pièce par pièce. De même, un abonnement par poste ne se compare pas à une facture au volume. Classez donc chaque offre dans sa stratégie, puis comparez à l'intérieur de celle-ci.
À qui promptShield ne convient-il pas ?
À ceux dont le problème est le volume : filtrage continu de journaux, inventaire d'un patrimoine de données, dizaines de milliers de pièces en une semaine. Il ne convient pas non plus à qui espère se passer de relecture, puisque la révision humaine en est le principe.
Une API auto-hébergée permet-elle de travailler sans aucune connexion ?
Pas la nôtre. Elle revalide sa licence toutes les six heures et tolère au plus trois jours sans réponse de nos serveurs. Le fonctionnement isolé n'existe que dans l'application de bureau, avec l'offre Pro, et repose sur un mécanisme distinct.